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HISTOIRE

Comme pour beaucoup de produits du terroir, les Vins Mousseux ont leur histoire, une histoire qui commence en France et en Grande Bretagne au milieu du XVIIème siècle pour acquérir aujourd’hui une réputation internationale et une aura à nulle autre pareille. Etape par étape, pays par pays, les bulles ont su patiemment gagner du terrain, pour devenir aujourd’hui les complices de toutes les fêtes.

Histoire des vins Mousseux

Des romains à nos jours, comment les vins mousseux ont-ils progressivement gagné nos tables…et séduit nos papilles ? Genèse d’un succès.

Les Grecs, puis les Romains, premiers véritables œnologues du monde antique, ne connaissaient pas les vins « à bulles ». On ne retrouve en effet aucune mention de l’effervescence dans les documents de l’époque.

En France apparaissent au XVIème siècle des vins mousseux artisanaux élaborés selon la méthode dite ancestrale ou rurale, sans adjonction de liqueur de tirage, comme à Limoux, Gaillac ou le Diois.

Au milieu du 17ème siècle, la noblesse Anglaise, alors exclue de la direction des affaires, se retire dans ses châteaux et recherche des vins qui lui permettront de se distinguer du peuple.

Elle délaisse alors les rosés de Loire, les blancs de Bordeaux ou de Jerez, jugés trop communs, et se tourne vers le Porto, les vins rouges du Médoc ou les tout nouveaux vins effervescents

Vers 1660, le Comte de Saint-Evremont avait fait acheminer de France vers la Grande Bretagne des vins tranquilles qui refermentèrent durant le trajet et furent trouvés « écumant » à leur arrivée.

D’abord circonspects, les dégustateurs finirent par juger ces vins excellents et déclarèrent qu’ils rendaient plus gai et plus intelligent !

À la même époque, à Londres, la première tentative de transformation maîtrisée d’un « vin tranquille » – un vin blanc de la Marne – en vin mousseux est réalisée grâce à l’adjonction de mélasse de canne à sucre, avec une aromatisation par la cannelle et le clou de girofle. Ce nouveau vin « à bulles » devint petit à petit très prisé des anglais.

En Champagne, le célèbre moine bénédictin Dom Pérignon (1639-1715) effectue des essais sur des vins blancs élaborés à partir de cépage Pinot Noir, un raisin à chair blanche et peau rouge, en vue de maîtriser l’effervescence naturelle qui se produisait régulièrement au printemps quand redémarrait la fermentation des vins interrompue par le froid de l’hiver ; la légende raconte qu’il est l’inventeur de la méthode Champenoise ou méthode traditionnelle, dans laquelle la refermentation contrôlée en bouteille confère au vin, outre la pétillance, cette légère note de levure qui se combine parfaitement avec la nature aromatique de ce cépage.

Finalement, la complète maîtrise de la méthode traditionnelle prit des dizaines d’années avant qu’elle ne se généralise à diverses appellations telles que nous les connaissons aujourd’hui. Son succès aurait été impossible sans la maîtrise du flaconnage, également initiée par Dom Pérignon qui fit fabriquer de solides bouteilles de verre et mit au point le bouchage liège, initialement tenu en place par une ficelle.

L’essor de la popularité de la consommation des vins, de Champagne ou d’ailleurs, est ralenti dans son élan vers la fin du siècle de Dom Pérignon car, en 1690, Louis XIV, malade des reins, ne boit plus de vin et impose la sobriété à sa Cour et au pays tout entier ! Heureusement, au début du XVIIIème siècle, le Régent remet le Champagne en vogue à la cour.

Une autre grande étape dans le développement des vins effervescents est relativement récente puisqu’elle remonte au début du vingtième siècle. Elle est initiée par Eugène Charmat, ingénieur français et œnologue qui invente en 1907 le procédé de « prise de mousse » dans des réservoirs fermés.

Il utilise pour la fermentation des acratophores (surnom donné à Dyonisos le dieu du vin et signifiant « qui donne le vin pur ») ; ce terme compliqué désigne les cuves sous pression ou autoclaves dans lesquelles se déroule la prise de mousse des vins mousseux. Ces cuves étaient autrefois en acier émaillé, elles sont maintenant en acier inoxydable et équipées d’une régulation de température permettant de piloter la fermentation et d’obtenir des arômes frais et fruités.

Cette technique est dite en Cuve Close ; elle porte également le nom de son inventeur, méthode « Charmat ».

Depuis Charmat, les vins effervescents n’ont cessé de se démocratiser.

Au XXème siècle, en raison d’un contexte économique et social optimiste propice à l’engouement pour les boissons « pétillantes », la consommation d’Asti Spumante piémontais, de Cava catalan ou de Sekt allemand connût une progression rapide et constante en Europe.

Dans le sillage de ces vins à succès, les élaborateurs français de toutes régions se mirent à  développer la production et la commercialisation de leurs vins effervescents en capitalisant sur des facteurs naturels souvent exceptionnels : terroir, tradition, climat, vignoble :

– en Bourgogne, à Rully, le maire Petillot fait venir un champenois, Hubert, pour « champagniser » le chardonnay de Bourgogne ;

– en Alsace et dans le Bade Wurtemberg (Allemagne), le Sylvaner et le Knipperlé « Champagnisés » commencent à concurrencer la bière ;

– dans le Val de Loire, de Saumur à Orléans, le Chenin, transformé dans les carrières de Tuffeau depuis le début du XIXème siècle,  se décline en plusieurs appellations : Saumur, Vouvray puis Crémant de Loire ;

– en Vallée du Rhône, Louis Faure lance le vin mousseux de Saint Peray, cépages Roussane, puis Marsanne.

Parallèlement, d’autres élaborateurs ont créé puis patiemment développé des marques internationales de vins mousseux sans appellation qui, fabriqués aussi bien en méthode traditionnelle qu’en méthode Charmat, contribuent significativement à la vitalité de ce secteur économique.

HISTOIRE SVFM

L'histoire du vin est multimillénaire.

L’histoire de sa branche vins mousseux n’a “que” trois cent cinquante ans, mais il s’en est passé des choses depuis l’invention de la bulle !

Focus sur quelques dates majeures.

1550/1600

Vers 1700

1720

1728

1820 à 1840

1822

1880

1907

1908 à nos jours

QUELQUES DATES

1550 / 1600

Les moines Bénédictins de l’abbaye de Saint Hilaire commencent à élaborer la Blanquette de Limoux à base de cépage Mauzac (dès 1531 selon certains historiens).

VERS 1700

Invention – selon la légende – de la méthode Champenoise par le moine Bénédictin Dom Pérignon (1639-1715), qui développe aussi l’assemblage des raisins avant le pressurage, encourage la fabrication de bouteilles résistantes à la pression et imagine le bouchage au liège plus étanche que les chevilles de bois utilisées jusqu’alors.

1720

Les moines Bénédictins, toujours eux, élaborent le Gaillac, toujours à base de Mauzac. A cette même date, on voit apparaître des vins traditionnels comme le Die, la Clairette et le Muscat.

1728

on assiste à l’essor de l’élaboration des vins mousseux par des méthodes traditionnelles.

1822

Jules Lausseure, négociant à Nuits Saint Georges, fait les premières expériences  de ‘Champagnisation’. Leur importance est cruciale, car la méthode sera ensuite généralisée à tous les types de vins de Bourgogne.
Jusqu’en 1830, la mousse contenue dans les vins mousseux est obtenue naturellement. On ne maîtrise pas l’origine du phénomène et on ne sait pas encore la créer intentionnellement.

1907

Eugène Charmat, ingénieur agricole spécialisé dans le vin, met au point la méthode de prise de mousse en cuve close ; certains historiens attribuent cette invention à l’œnologue italien Federico Martinotti 10 ans auparavant, mais c’est Charmat dont l’histoire a retenu le nom.

1880

C’est seulement à la fin du XIXème siècle que le mécanisme de la fermentation est compris et que le rôle des levures est mis en évidence par Louis Pasteur (1822-1895).

1908 A NOS JOURS

Les procédés d’élaboration des vins mousseux n’ont que peu évolué mais les produits ont énormément progressé en qualité et en régularité grâce aux techniques et aux matériaux modernes : cuveries en acier inoxydable – matériau parfaitement inerte vis-à-vis du vin et plus facile à nettoyer, régulation automatique des températures de fermentation, sélection de souches de levures donnant des vins plus aromatiques, etc.